Scumgrrrls N°18 - Summer 2011

Voilà déjà 9 ans ( !) que nous avons commencé l’aventure des Scum Grrrls. Nous voulions créer le magazine qui nous manquait, celui que nous aurions voulu lire nous-mêmes, un magazine qui aurait un regard différent et résolument féministe. Nous voulions un ancrage en Belgique mais la liberté de parler de questions locales et globales, nous voulions faire rire, mais aussi traiter de sujets plus sérieux, nous voulions un objet que nous pourrions tenir en mains, garder dans un tiroir, prêter à un ami ou une amante.Nous voulions créer un espace pour de multiples voix et idées.

Ce dernier numéro a demandé beaucoup de temps (merci pour votre patience !). Temps que nous avons mis à profit pour rediscuter de tous ces objectifs et désirs, pour permettre à chacune de se repositionner et de se réengager. Cette parenthèse nous permet aujourd’hui de vous présenter fièrement le ScumGrrls dans un nouveau format, plus épais, comprenant plus de pages et plus d’articles, un tout nouvel objet, résultat de notre envie de changement, même si notre désir d’écrire, dessiner et partager avec vous n’a jamais cessé !

Ce premier numéro de la nouvelle formule du ScumGrrls comprend plus d’articles venant de Flandre, ainsi que plus d’illustrations spécialement créées pour le magazine. Ce sont deux effets d’un comité de rédaction qui s’est agrandi... Et le dossier de ce numéro plonge dans les tréfonds de la domesticité et de la relation entre la maison et la sphère publique. Au sommaire également, le désordre de genre, la fragilité d’un traitement sérieux du viol quand il concerne des hommes puissants, et un grand coup de colère contre cette jupe dont les médias nous bassinent...

Cela valait la peine d’attendre non ? Qu’en dites-vous ?

Elles Tournent - Women Film Festival Brussels

Pushing boundaries

Participants and recipients of culture do not form a homogenous group. In fact we are all part of this huge assemblage called society and are thus constantly confronted with its cultural outputs. That is of course a truism.

Towards the domestication of feminism… ? ... my individual ‘life puzzle

As feminists we are more than aware that the way we organise the ‘private’ has an impact on how the ‘public’ sphere is shaped, which in its turn shapes the ‘private’/domestic. All political actors – from right to left – have a view and in one way or the other want to regulate what happens in our homes. Who should take care of children, who can sleep with who, distinct ideas on why and what ‘families’ are for, etc.

Mixing Craft + Activism = Craftivism

by Nina

Knitting, sewing, cross-stitch, crochet : crafts like these probably bring to mind grannies in rocking chairs making clothes for their grandchildren. They are linked to the traditional domestic life that women led up until a few decades ago : locked inside their homes, supplying their families with handmade jumpers, scarves and socks and decorating the house with quilts and embroideries... But since a few years, craft started to become popular again, especially in the USA and the UK. Old and young, women and men were reinventing, reclaiming and renewing old craft techniques. Arty craft books were published, craft shops flourished, craft fairs were organised, craft blogs started and craft zines written, and people even started to knit in public again. Handmade was hip !

Espace et femmes : Espaces de femmes ?

by A. S

Traditionnellement et historiquement, la femme a, depuis son enfance, été exercée au rôle de « ménagère », et a une identité liée à la domesticité… De Louise Bourgeois et ses dessins magnifiques sur le thème de la maison et du confinement (Femme/Maison, 1940) à l’installation collective révolutionnaire « Womanhouse » (1971), de Judy Chicago & Miriam Schapiro qui dressait le portrait de la maison comme lieu de l’aliénation féminine, les plus grandes artistes ont abordé avec une pertinence extrême cette mise en boîte perpétuelle et cautionnée sans relâche par notre société. Société où l’on encourage les garçons à entretenir une relation dominante avec l’espace (le monde), à s’octroyer plus d’espace (la posture assise jambe écartées, voix portante), à se déplacer plus efficacement et à repousser les limites de l’espace (voitures puissantes, voyages). Quant aux filles, elles sont élevées afin d’accepter la limite spatiale (la maison). On leur apprend à l’occuper tout en n’ayant aucun contrôle sur celui-ci. Leur limite moi/autre est perméable (se faire couper la parole, céder le chemin quand un homme marche en sens inverse).

Speaking about violence against women – a new taboo

by Nina

Take Back The Night in Belgium past and present

“Women unite”, “violence to women”, “violence by men”… we can’t talk about it anymore, we’re not allowed to speak the words. At least not in some of the anti-capitalist and queer activist communities in Gent (Belgium), so it seems. What has happened ? Who’s making up these new rules ? And why is our feminist activism censored and silenced ?

Au coin chérie !

Monsieur, votre chérie a cassé une assiette en lavant la vaisselle après le repas qu’elle vous avait préparé avec dévouement ? Elle a laissé un pli dans la chemise que vous comptiez porter pour la réunion avec votre patron ? De manière générale, vous trouvez que le féminisme a été trop loin en bouleversant les rôles légitimes des hommes et des femmes dans la famille ? Vous souhaitez restaurer votre autorité de chef de ménage et votre femme approuve ?

Feminists living together collectively

Co-housing is popular again, so I read in some newspaper. And what about feminists ? Do they practice and enjoy collective living too ? What happens when feminists live together ? Is sharing a collective house an example of feminist activism, putting ideals into practice ? Do collective houses serve as a model for a future society with equally divided and rotated household tasks, an immediate support network and spaces for creativity and activism ? For me, feminist community houses are spaces to experiment with how we want to live. They can combine affordable private rooms, collective spaces shared with like-minded people and a house where feminist activities can be organised.

Félicia.

FELICIA. J’ai été huit fois mère mais six fois seulement le ventre a grossi car par deux fois, la portée fut de deux. Sur les huit, six rescapés. Les premiers, un petit garçon, une petite fille, pas plus grands que ça. Morts. Finalement en 54, j’ai eu mon fils, en 55 Linda, Martha en 58, en 60 les jumelles, et la petite Félicia en 71.

Désordre !

J’allais écrire une histoire personnelle. J’allais écrire et même broder des tas de choses sur ma façon d’avoir appris à être dans les lieux qui me concernent peu ; d’avoir cultivé une désinvolture face à ce qui, pour beaucoup, sert de table d’évidences ; de m’être appuyée sur mes différences pour me construire une quotidienneté banalement normale.

Oude wijn in rechtse zakken

Het is juni 2010. Kim Geybels, kersvers verkozene van de N-VA, krijgt na één dag al commentaar van partijgenoot Siegfried Bracke. Ze draagt ongepaste kledij, een te korte short. Siegfried Bracke, kledingspecialist ? Siegfried Bracke, oubollig conservatief ? Of Siegfried Bracke, geslepen populist ? Bracke, zelf een overloper die eerder al de openbare omroep verpestte en maar zeer recent koos voor een politieke carrière bij de N-VA, kent de trucs van de media.

Ces empêcheuses de violer en rond ...

Fin 2009, il s’agissait d’un cinéaste célèbre, Roman Polanski, qu’une vieille affaire de moeurs rattrapait par delà l’Atlantique. Un juge californien tenace réussissait après plus de 30 ans à le faire arrêter pour le viol d’une mineure. Un an plus tard, on remet cela : le pourfendeur des mensonges politiques et diplomatique et fondateur de Wikileaks, Julian Assange était sous le coup d’un mandat d’arrêt d’Interpol, soupçonné d’avoir violé deux femmes suédoises. Depuis un juge anglais a autorisé son extradition vers la Suède.

Le scum du moment

Scumgrrrls N°18 - Summer 2011

Voilà déjà 9 ans ( !) que nous avons commencé l’aventure des Scum Grrrls. Nous voulions créer le magazine qui nous manquait, celui que nous aurions voulu lire nous-mêmes, un magazine qui aurait un regard différent et résolument féministe. Nous voulions un ancrage en Belgique mais la liberté de parler de questions locales et globales, nous voulions faire rire, mais aussi traiter de sujets plus sérieux, (...) lire la suite de l'edito.

Le sommaire

  • Merci madame, journée de la jupe
    Par Nathalie Trussart
  • Il corpo delle donne
    par Valére Brixhe
  • Elles Tournent
    by Nadine Schmidt
  • Life Puzzle
    by Malin Björk
  • Craftivism
    by Nina Nijsten
  • Espace et femmes, espaces de femmes ?
    par Anne Smolar
  • Take back the night
    by Nina Nijsten
  • Au coin chéri !
    par Séverine Dusollier
  • Feminists living together collectively
    by Sari, Chris, Nina et Dani
  • Félicia
    par Juliette Boutillier
  • Désordre !
    par Virginie Jortay
  • Oude wijn is rechste zakken
    door Evie Embrechts
  • Ces empêcheuses de violer en rond...
    par Séverine Dusollier